L'atelier

En 2024, Jann van Brugge fonde l'épigénèse picturale. Non comme un manifeste, mais comme un outil de travail : un nom donné à ce qu'il observe dans sa propre pratique depuis vingt ans, et qui n'avait pas encore de nom.

Le mot vient de la biologie. En embryologie, l'épigénèse désigne le processus par lequel un organisme complexe se construit non par déploiement d'un plan préexistant, mais par différenciations successives — chaque stade rendant possibles des stades que rien ne pouvait prédire. La forme finale n'était pas contenue dans la graine. Elle s'est construite en se faisant.

Transposé à la pratique plastique, ce principe déplace la question fondamentale. On ne se demande plus comment réaliser ce que l'on a imaginé, mais ce que le geste, la matière et le temps sont en train de construire. L'œuvre précède l'intention. Elle la dépasse, la corrige, parfois la contredit.

C'est pourquoi la photographie — art de l'instant — et la peinture — art de la durée — ne s'opposent pas dans cette démarche. Dans la photographie, la différenciation a eu lieu avant le déclenchement, dans un œil éduqué sur vingt ans. Sur la toile, elle commence avec le premier geste et ne s'arrête qu'avec le dernier.

L'atelier est le lieu où cette émergence devient visible.

UN
UN52 × 42 cm · 2026
DEUX
DEUX20 × 20 cm · 2026
TROIS
TROIS40 × 30 cm · 2026
QUATRE
QUATRE30 × 24 cm · 2026
CINQ
CINQ30 × 24 cm · 2026
SIX
SIX50 × 40 cm · 2026
SEPT
SEPT20 × 20 cm · 2026

Épigénèse picturale — série ouverte, 2026. Ces toiles sont les premières manifestations d'un courant fondé par Jann van Brugge.